Origine du café

L’Ethiopie, le berceau du café ?

Le café anime de nombreuses légendes, présentant chacune plusieurs pays d’origine. La légende la plus connue est celle du berger d’Abyssinie (actuellement l’Ethiopie) qui aurait découvert les effets des cerises de café par hasard, grâce à son troupeau de chèvres.

Après avoir mangé ces fameuses cerises, le berger remarqua que ses chèvres étaient plus agitées que d’habitude et faisaient des sauts sur elle-même. En voyant leur comportement, il décida de tester à son tour et découvrit les effets de la caféine.

Ce berger partagea sa découverte avec la communauté soufie, qui eut l’idée de préparer une décoction avec le fruit. Un mélange particulièrement apprécié qui donnera lieu à de véritable préparation.

D’autres légendes racontent que le café serait en réalité consommé depuis la préhistoire. Des fouilles ont montré que certaines préparations à base de café faisaient partie de leur régime alimentaire.

Quoi qu’il en soit, depuis sa découverte, le café n’a jamais quitté le pays. Le café est ancré dans les traditions et coutumes de l’Ethiopie.

Une vraie cérémonie autour du café s’est formée, dont la torréfaction fait partie. Celle-ci se fait à l’aide de grandes plaques d’argile posée directement sur les flammes. Les grains de café vert y sont déposés et son remués régulièrement pour uniformiser la cuisson.

Yemen, le début du voyage

Il n’est pas exclu que certains caféiers sauvages devaient exister sur les hauts plateaux du Yémen, comme il en existait en Ethiopie. Mais selon différents textes et différentes recherches scientifiques, le Yémen est plutôt le pays où la culture et la commercialisation du café ont commencé.

Au XVème siècle, en lançant le commerce du café à partir du port de Mokha, les Arabes donnent l’appellation Arabica aux grains de café. Le Yémen devient alors le premier producteur et exportateur de café Arabica.

Le monopole Yéménite s’installe, si bien qu’il est impossible d’emporter hors du territoire, des cerises ayant encore un pouvoir de germination, afin d’éviter qu’elles ne soient replantées ailleurs.

Face à la demande croissante, tous les massifs montagneux du Yémen sont dédiés à la plantation de caféiers. A son apogée, entre la fin du XVIIème siècle et le début du XVIIIème siècle, le Yémen produisait 200 000 quintaux chaque année. Cette agriculture a impliqué de nombreux mouvements de population tant le besoin en main d’œuvre était grand.

Le café étant un breuvage de plus en plus apprécié et populaire, il continua sa route jusqu’en Perse grâce à des Pèlerins, puis sera introduit rapidement dans tout le nord de l’Afrique, en Egypte, en Syrie et en Turquie. Les premières maisons de café ont vu le jour au Caire à Constantinople.

C’est au Caire que les voyageurs occidentaux découvrent ce breuvage noir. Tout d’abord rapporté par un écrit d’un médecin italien, puis par un voyageur français. Dans les écrits retrouvés, les voyageurs sont tous saisis par le nombre de lieux publics dans lesquels le café est servi. Il est vrai que le café acquière à cette époque, de plus en plus, une fonction de socialisation et de convivialité. Il plait aux femmes, aux hommes, à toutes les couches sociales, et à toutes les ethnies. Boire du café est devenu un vrai rituel. Les lieux de café deviennent des lieux de divertissement où l’on peut parier de l’argent, entendre de la musique, écouter des compteurs…

En route vers l’Europe

A partir du début du XVIIème siècle, l’Europe succombe aux charmes de cette boisson, d’abord à Venise en Italie avec un arrivage attesté en 1624, puis en France via le port de Marseille en 1644. En 1671, le premier café ouvre à Marseille mais ce n’est qu’après son arrivée à Paris que sa consommation se généralise.

En effet, le café devient une mode à Paris. En 1720, on compte déjà 380 établissements de cafés à Paris. Tous, connaissent une grande effervescence. « En France, les cafés sont devenus des espaces de rencontres et d’échanges d’idées qui accompagnent et parfois accélèrent les transformations de la société ».

La fin du monopole yéménite

La demande touche rapidement toute l’Europe suivi par l’Amérique, et l’offre devient insuffisante. La culture du café va alors s’internationaliser.

C’est le gouverneur général des Indes Néerlandaises qui a réussi à voler quelques caféiers et à les faire fructifier en Hollande. La Hollande est le premier pays à envoyer des plants en Indonésie. Le temps des conquêtes coloniales et de l’esclavage commence : les nouvelles terres vierges sont nombreuses et la main-d’œuvre inépuisable et peu coûteuse.

La Hollande est également le pays qui va diffuser la culture du café dans les empires coloniaux. Les Européens vont introduire la culture du café dans leurs nouvelles possessions au même titre que le coton ou la canne à sucre : les Français en Martinique, en Guadeloupe et sur l’île Bourbon, les Portugais au Brésil, les Anglais en Jamaïque puis les Espagnols en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

Et le café en Asie ?

Une légende raconte que le café serait arrivé en Inde grâce à sept cerises de café volés à La Mecque, par un homme nommé Baba-ud-din. Ces cerises auraient été replantées dans la région de Mysore. Pour l’anecdote, le café s’est répandu naturellement et rapidement grâce aux oiseaux qui déplaçaient les cerises de région en région.

Le pays offre des conditions climatiques idéales pour la production de café. Les précipitations, les périodes de sécheresse d'environ 2 à 3 mois et les températures élevées comprises en moyenne entre 23 °C et 28 °C sont propices à la culture du café. De plus, l'Inde dispose d'une géographie diversifiée. Ainsi, chaque café indien présente des diversités régionales qui lui sont propres.

Les évolutions de la culture du café

Le début du XXème siècle est marqué par l’arrivée de nouvelles variétés et notamment du Coffea Canephora, plus connu sous le nom de Robusta. Originaire du Congo Français, le Robusta va se développer sur la quasi-totalité des pays de l’Afrique de l’Ouest.

L’Afrique de l’Ouest a principalement été dédiée à la production de café par ses colonisateurs. Ainsi, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la culture du café en Afrique de l’Ouest ne provient pas d’Ethiopie, elle a été introduite par les colonisateurs Britanniques.

Les cultures de café modernes

En Australie

Le café est arrivé en Australie tardivement, à la fin de la seconde guerre mondiale. L’arrivée du café est liée principalement aux vagues d’immigration de l’époque. L’Australie fait partie des petits pays producteur mais a su développer des crus de qualité. Le pays produit environ 5000 tonnes par an.

Le café est produit principalement dans trois régions : La région nord de Queensland où l’on retrouve la toute première plantation du pays, Skybury. Ainsi que la région subtropicale de la Nouvelle-Galles du sud et le sud-est du Queensland.

En Chine

Située sous le tropique du Cancer, "la région du thé" réunit des conditions optimales pour la production de café. Les températures sont douces toute l'année, les pluies sont abondantes et elle est située à une altitude modérée de 1700m. Ce qui explique pourquoi la production de café a quadruplé en seulement 10 ans.

Mais cela n'a pas toujours été le cas. Elle a été introduite par un missionnaire français à la fin du XIXème siècle mais s’accélère seulement au cours des années 2000. La période où le cours du café a pris le dessus sur celui du thé. De nombreux paysans ont à l'époque abandonné leur production personnelle pour se lancer dans le café. Invisible il y a 20 ans, la Chine a aujourd'hui le même volume de production que le Costa Rica et le Kenya réunis.